Saint Jean de Luz, une visite historique

Actualizado: may 20


Est-ce-que tu as déjà visité Saint-Jean de Luz ? Non ? Peut-être que tu sais que c'est une ville du Pays Basque, très proche de la frontière espagnole ? Tu as certainement du entendre parler de sa beauté, grâce aux histoire de voyage d'amis qui auraient eu la chance de faire une petite escapade sur la Côte Basque.


C'est également possible que, tout comme moi lors de ma première visite à Saint-Jean-de-Luz, tu aies rapidement visité la ville, admiré son architecture, goûté ses délicieux macarons, plongé dans l'océan, mais que tu sois reparti sans n'avoir découvert plus qu'une très charmante et agréable ville touristique.


Si tu as eu la chance de visiter avec plus de temps, avec un œil connaisseur (peut-être avec l'aide d'un guide touristique), il est probable que tu aies été ébloui par la passé et la richesse historique de cette ville.


Dans tous les cas, je t'invite à voyager avec moi dans son passé fascinant.


Grâce à son exceptionnelle situation, dans l'embouchure de "La Nivelle", dans une baie naturelle en face du Golfe de Gascogne (Océan Atlantique), Saint-Jean-de-Luz a toujours été une ville de pêcheurs et marins.


De la Mer, elle a reçu beaucoup de ses richesses, comme la chasse a la baleine, qui assurait la prospérité économique de la ville pendant tout le Moyen Age, comme dans d'autres ports basques : Guéthary, Hondarribia, Lequeitio et Biarritz. Mais, certainement victimes de l’excellence des marins basques dans la matière, les baleines cesseront de venir au Golfe de Gascogne à partir du XV siècle. Cette date marque le début de l’épopée des marins basques qui partiront vers les mers du Nord pour chercher et chasser les baleines et pêcher de la morue. Mais ça, c'est une autre histoire...


Durant le XVIe siècle, la proximité de Saint-Jean-de-Luz avec les limites du Royaume d'Espagne, va marquer le destin de la ville. Les conflits entre l'Espagne et la France étant fréquents, la ville de Saint-Jean-de-Luz va souffrir des nombreux sièges de la part de l'ennemi espagnol. L'année 1558 sera spécialement tragique. L'armée de Charles V va ravager et brûler la ville, qui sera complètement détruite. C'est frappant d'admirer, encore aujourd’hui, le seul bâtiment qui ait survécu à la catastrophe, la Maison Ezquerrenea (17, rue de la République), la seule construite intégralement en pierre.


Au XVIIe siècle, la proximité avec Espagne va jouer cette fois en la faveur de Saint-Jean-de-Luz car la ville serait choisie pour accueillir le mariage entre Louis XIV et l'Infante d'Espagne, Marie Thérèse d'Autriche. Cette union célébrée en 1659 dans l’Église de Saint Jean Baptiste (Rue Gambetta) devait signer entre les deux puissances. Encore aujourd'hui, on peut apprécier la porte (murée peu après le mariage) par laquelle est sorti le couple royal.


Déjà à cette époque, la chasse à la baleine avait été remplacée progressivement par la pêche de la morue, activité très lucrative pendant les temps du paix. En temps de guerre, les butins capturés par les légendaires corsaires luziens aux bateaux ennemis (Espagnols et Anglais principalement) sont nombreux. Quelques armateurs de la ville en profiteront pour faire fortune et bâtirent des maisons remarquables dans des styles totalement différents que le style des maisons traditionnelles du Labourd. Les maisons les plus connues sont aujourd'hui la "Maison Louis XIV" et la "Maison de l'Infante" qui accueilleront les prétendants royaux dans les jours précédents le mariage. Le XVIIe siècle est sans aucun doute le "Grand Siècle" de Saint-Jean de Luz.


Dans le XVIIIe siècle les guerres contre l'Angleterre, la Révolution Française et les Guerres Napoléoniennes vont ruiner Saint-Jean-de-Luz. La pêche de la sardine va progressivement gagner en importance face à la pêche morutière car elle n’exige pas de faire de lointaines expéditions maritimes de plus en plus dangereuses en temps de guerre. Une partie des captures se vendaient à la criée par des "Kaskarots" (femmes d'origine certainement bohémienne) et le reste était dédiée aux conserveries qui donnaient du travail à un grand nombre de femmes dans la région. Mais, cette nouvelle activité n’empêchera pas le lent déclin économique et démographique de Saint-Jean-de-Luz qui va passer de 10.000 habitants au XVII siècle à 3000 habitants après la Guerre des 7 ans (1756-1763).


L'océan va également être source de tragédies, comme la tempête de 1852, qui va détruire plus d'un quart de la ville et convaincra Napoléon III de mener à terme les projets de renforcement des protections naturelles de la Baie de Saint-Jean-de-Luz. De cette époque datent les digues de Socoa, Sainte Barbe et de l'Artha. A ce moment-là, Saint Jean de Luz, comme Biarritz et la Côte Basque en général, est en train de devenir un lieu de villégiature à la mode pour l'aristocratie européenne. De ce fait, pendant la deuxième moitie du dix-neuvième siècle et la première moitie du vingtième siècle, l'urbanisme de la ville va être transformé radicalement. Beaucoup de villas et de bâtiments de la promenade en bord de mer datent de cette époque, comme le "Grand Hôtel" (43 Boulevard Thiers) et le "Grand Hôtel d'Angleterre" (Promenade Jacques-Thibaud).


Au delà des touristes, le vingtième siècle amènera un renouveau de la pêche. Des exilés "Carlistas" se sont installés à Saint Jean de Luz et ont contribué a réanimer cette activité. Ce facteur allié à l'arrivée des innovations techniques venues de l'étranger vont faire de Saint Jean de Luz le premier port sardinier de France et le plus important port thonier de l'Europe un peu plus tard. Aujourd'hui, l'activité de la pêche a énormément diminué à Saint Jean de Luz, mais reste encore vivante. La Merlu de Ligne de Saint Jean de Luz, pêchée par une dizaine des artisans pêcheurs de la ville, est fortement appréciée. On peut la trouver tous les matins aux Halles de Saint Jean de Luz (Boulevard Victor Hugo).


Actuellement, Saint Jean de Luz est une commune résidentielle et balnéaire, avec un charmant port de pêche encore en activité et une histoire fascinante qui attend d'être révélée aux nombreux visiteurs de la ville. Elle attend cachée dans les petits détails dans les échos des glorieuses et tragiques événements passées qui résonnent encore entre les murs des majestueuses maisons luziennes. Je t'invite à la découvrir avec moi en réservant l'une de mes visites guidées de Saint Jean de Luz.

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Me llamo Juan Carlos, soy originario de Madrid pero vivo en el País Vasco Francés. Soy guía oficial y  organizo visitas guiadas en español, inglés y francés en Bayonne, Biarritz, San Juan de Luz...   Leer mas.

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